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RETOUR SUR LE TATAMI
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Thomas75


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MessagePosté le: Ven 5 Mai 2017 - 17:59    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

La photo me glissa entre les mains tandis que mon corps se tétanisait. Figé sur place, je revécu cette rencontre, qui n’avait absolument rien eu de fortuite, à l’aune de ma terrible découverte. Des images d’une extrême violence me revinrent en tête alors même que son odeur était encore sur mes habits. 


Mais ce qui me terrorisa le plus c’était la manière quasi-militaire de sa préparation. Elle avait tout manigancé. Tout prévu. La facilité avec laquelle elle avait obtenu des renseignements personnels sur ma vie était terrifianted’intelligence. Et que dire de la manière dont elle m’avait manipulé pour provoquer notre rencontre sans même me connaître. 


Mais dans quel but ? Je devais absolument le savoir, quoi qu’il m’en coute. 


Durant les semaines qui suivirent mon retour, j’eu beaucoup de mal à reprendre une vie normale. Carole hantait mes jours et mes nuits. Totalement obsédé par le mystère, je n’eus de cesse durant les premiers jours d’essayer de la joindre, sans succès. Rétrospectivement, je me rendis compte que chaque fois que nous abordions le sujet de son nom de famille, de son téléphone ou de son adresse, elle esquivait très habilement la question. Du coup, je ne savais rien d’elle, sauf qu’elle travaillait dans un hôpital à Lyon (D’ailleurs, n’était-ce pas aussi un mensonge).


Je me suis vite rendu compte des limites de mes moyens. Je me suis entendu appeler le premier hôpital de la région et je me suis vite trouvé ridicule « allo, bonjour, est ce que vous connaissez une infirmière du nom de Carole, blonde, dans les 1m65, des grands yeux bleus et des cuisses extrêmement musclées » … Une opératrice m’a même menacé d’appeler la police !
Parallèlement à ces recherches, j’essayais de reprendre une vie normale. J’avais repris mon travail et comme d’habitude, j’enchainais les heures sans m’arrêter. Souvent, me donner à corps perdu dans mon job me permettait de m’extraire de mes obsessions. Lorsque Michelle partit, cela m’avait beaucoup aidé. 


Mais cette fois, ce fut différent. Très différent. Carole avait créé un besoin profond chez moi. Elle avait fait grandir mon fantasme de manière quasi exponentielle et je n’arrivais plus à le refréner. Seulement, les moyens de l’assouvir n’était plus à ma portée. Michelle, Carole disparue, je ne savais plus vers qui ou vers quoi me tourné. J’enchainais les expériences malheureuses en me perdant dans des cours de judo, de karaté, de jiu-jitsu pour essayer de retrouver un semblant d’ambiance. Mais, plus encore qu’avec Michelle, rien de ce que je trouvais ne tenais la comparaison avec la densité de l’expérience vécue avec Carole.
Je passais alors à ma phase « site de rencontre », me disant que le sexe guérit tout. Mais là encore, je n’arrivais pas à trouver un exutoire, alors même que les femmes défilaient dans mon lit à une vitesse effrayante. 


Au bout de quelques temps, je finis par me renfermer sur moi-même, vivant de mon passé et de mes fantasmes. Délaissant amis et famille, vivant presqu’en reclus, excepté le boulot, je me persuadais de laisser le temps me guérir de ce que je considère aujourd’hui comme d’une belle dépression. 


Cela dura bien cinq ou six mois, je ne me rappelle plus très bien. 


Puis vint ce jour. C’était un samedi. Je faisais un grand ménage de printemps dans mon appartement que j’avais bien négligé. La matinée ensoleillée annonçait une journée heureuse. Je me rappelle que ressentais pour la première fois moins d’intensité dans mon spleen. 


En faisant un tri rapide de mes papiers, je tombais sur la facture de mon séjour au BAHAMAS. Immédiatement, le visage de Carole réapparu dans mon esprit. Tenant toujours la feuille à la main, je souris néanmoins. Depuis quelques jours, je me sentais mieux et n’était plus si déstabilisé chaque fois que je pensais à elle. Je déchirai le document en quatre et mis les morceaux à la poubelle lorsqu’un morceau atterrit à côté. Je me levais pour le ramasser et l’y mettre à nouveau lorsque je notais négligemment que sur ce morceau était écrit l’adresse de l’agence du club Med qui m’avait expédié les billets. 


Un éclair me traversa. L’agence… Je me précipitai vers le courrier que Carole m’avait remis et qui provenait également du club Med. En comparant les deux adresses, je me mis à trembler. Sur la lettre de Carole figurait l’adresse du siège qui centralise l’ensemble des commandes des agences et celle passée par téléphone. J’avais évidement essayé de les contacter mais je me heurtais constamment à leur numéro vert. Las, j’avais abandonné cette piste sans remarquer que sur ma propre facture figurait l’adresse physique d’une agence. 


C’était là ma dernière piste. Mon dernier espoir. Il y avait une chance sur deux que cette agence soit celle qui s’occupa de Carole. Et en m’y prenant bien, peut-être je pourrais obtenir les renseignements que je cherchais tant. 
Je réfléchis. Tous cela en valait-il la peine ? Je me sentais mieux et j’arrivais presque à l’oublier. 


Mais la mémoire est une chose curieuse. Le simple fait d’avoir susciter un espoir, même infime, fit remonter en moi des souvenirs intacts. Des souvenirs visuels, sonores et surtout olfactifs …


« Ca ne coûte rien d’essayer » décidais je finalement.


J’étais loin d’imaginer, ce jour, sur quel chemin la vérité allait m’entrainer …


A suivre.


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MessagePosté le: Ven 5 Mai 2017 - 17:59    Sujet du message: Publicité

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cagoule noire


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Inscrit le: 24 Avr 2014
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MessagePosté le: Sam 6 Mai 2017 - 12:38    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

 « allo, bonjour, est ce que vous connaissez une infirmière du nom de Carole, blonde, dans les 1m65, des grands yeux bleus et des cuisses extrêmement musclées » … Une opératrice m’a même menacé d’appeler la police ! Laughing

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gurvy


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MessagePosté le: Dim 7 Mai 2017 - 17:43    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

Shocked  et c'est reparti histoire vécue ou pure imagination l'ami ?
en tout cas j'attends la site avec impatience


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dave72


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MessagePosté le: Lun 8 Mai 2017 - 14:07    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

C'est bien, tu es doué pour les histoires
_________________
Jeune homme passioné par lutte mixte et femme pratiquant les arts martiaux


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Thomas75


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MessagePosté le: Ven 12 Mai 2017 - 21:56    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

Bien que je fus résolu à suivre cette dernière piste jusqu’au bout, je mis bien une semaine avant de me rendre à l’agence. Il faut dire que mes recherches à l’hôpital m’avaient pas mal refroidi. La réalité est bien loin de ce que l’on peut voir dans les séries télévisées. Finalement, j’optais pour la stratégie de la franchise. Après tout, je cherche simplement à retrouver une amie qui m’a fait un super cadeau. Et si cela ne marche pas, tant pis. J’aurais au moins essayer.


Je partis le samedi suivant en tout début d’après-midi par le train. Je redoutais par-dessus tous les embouteillages parisiens. Assis dans mon tortillard de banlieue, j’avais une bonne demi-heure à tuer. Bien que je ne souhaitais pas donner à cette dernière recherche plus d’importance que ça, je sentais mon cœur battre de plus en plus rapidement au fur et à mesure que j’approchais de mon but et ce bien malgré moi.


Il faut dire que durant le trajet, une foultitude souvenirs remonta la surface de ma mémoire. Curieusement, l’image de Carole ne m’apparaissait plus aussi distincte et surement qu’une part de mon idéal imaginaire venait compléter ce que le temps effaçait doucement. Trop peut-être. Notre complicité des derniers moments ne pouvait occulter la violence de nos rapports. D’ailleurs, mon esprit effaça très vite les rares moments de douceur et d’intimité pour ne garder que les agressions dont j’étais essentiellement la victime. Il fallait bien le reconnaître. 


Depuis mon retour, je m’étais rassuré en pensant que j’avais finalement toujours eu le dessus sur elle. Mais était-ce bien le cas ? Je n’en étais plus très sûr. Des images douloureuses de notre grand combat me revinrent en mémoire. Je fermai les yeux pour les dissiper mais elles me poursuivirent dans l’obscurité. Je revis cette femme si sensuelle me faisant face, tenant mes deux mains dans les siennes, vêtue de son kimono blanc immaculé, barré d’une ceinture noire, le regard fixe et figé. Et soudain, sortie de nulle part, je vis la plante de son pied venir s’écraser sur mon visage, presque au ralenti, tandis que ma tête basculait violement en arrière. Ce n’était là que le premier coup. Je me souvins de ma tête virevoltant dans tous les sens, giflé violemment de tous coté par cette plante de pied envoyé avec une précision d’orfèvre et un sadisme savamment calculé. 


Alors que l’obscurité d’un tunnel renvoyait mon image à travers la vitre du train, les souvenirs rejaillirent avec plus de précisions. Je voyais mon corps balloté, agressé, projeté à terre encore et encore. Et cette domination continua pendant la lutte au corps à corps qui suivit et qui finit par me perdre dans les confins de la soumission. Maitrisé, écartelé, étranglé, cisaillé, mon corps n’était plus qu’un jouet entre ses mains et ses jambes expertes. Je fermai alors les yeux pour me rappeler, non sans une certaine excitation, l’ultime humiliation qu’elle m’infligea lorsque, coincé entre ses jambes par une clé de bras savamment placé, j’écartai mes lèvres pour reprendre mon souffle. Dans un mélange de plaisir et d’horreur, je la vis en profiter instantanément pour introduire son pied à l’intérieur de ma bouche tandis que se dessinait sur son visage un abominable sourire. Et sous ce regard dominateur, alors que ma langue goutait la sueur salée de ses orteils, une vague de plaisir absolu envahi mon être (cf : la vengeance nacrée).


La sortie du tunnel mit fin instantanément à ma rêverie. Je redressai la tête quelque peu tremblant. Il n’y avait presque personne dans le wagon. Je repris ma contemplation béate en songeant aux derniers moments que je passais avec elle. Au lendemain de notre nuit d’amour, elle semblait rayonner. Je m’étais satisfait de cette ultime domination lorsque je l’avais violemment prise et pensais avoir eu finalement le dernier mot. Comme je me trompais. Carole avait fait de moi ce qu’elle a voulu et ne m’avait laissé que des miettes. D’ailleurs, sur le peu de temps qu’il nous restait, elle continuait au gré de ses pulsions à vouloir me dominer et ce, en toute occasion. Il ne s’agissait pas de domination morale car elle savait qu’elle ne m’atteindra pas. Mais elle connaissait mon point faible. Et cela commença le matin même. Je m’étais levé assez tôt, la laissant dans un profond sommeil, pour aller prendre une bonne douche salvatrice. Je pouvais encore ressentir l’ambiance exaltée de notre incroyable soirée. En sortant de la salle de bain, je fus surpris de la voir debout, nue, se diriger vers moi avec ce sourire si étrange. Le désir grimpa (si je puis dire) instantanément et persuadé du câlin matinal qui se profilait je lui ouvris mes bras dans lesquels elle vint se lover. Mais au moment où je crus pouvoir l’embrasser, elle passa sa main derrière moi, fit un demi-tour sur elle et d’un coup de rein me souleva de terre pour me fixer sur ses épaules. Elle me fit ensuite tournoyer en l’air avant de me projeter violement sur le sol. 


« Je te conseille d’être toujours sur tes gardes mon chéri » me toisa-t-elle avant de m’enjamber gracieusement pour rejoindre la salle de bain. 


Comment ai-je pu oublier ce corps si sensuel, si puissant, et dont la nudité rendait son attrait encore plus charnel, encore plus bestial.  Je restais à terre à contempler le déhanchement souple de son large fessier qui complétait si puissamment ses cuisses musculeuses et suantes. 


« Je dois la retrouver » pensais je - alors que mon train arrivait à destination. 


A suivre.


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jujigatame


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MessagePosté le: Sam 13 Mai 2017 - 17:05    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

ohhhhh ca promet !!! j'en frissonne d'impatience

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chapeaumelon


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MessagePosté le: Mer 17 Mai 2017 - 12:38    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

Moi aussi,
tres impatient !


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Thomas75


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MessagePosté le: Jeu 18 Mai 2017 - 21:52    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

Je descendis à Haussman Saint-Lazare et me dirigeai vers la ligne 9 du métro. Il y avait une dizaine de station à parcourir avant mon arrêt final. Comme de coutume, le wagon était bondé. Laissant galamment une place libre à une dame d’un certain âge et d’un certain poids, je me retrouvais debout entre deux rangés de places assises me tenant péniblement aux harnais fixés en hauteur. La chaleur était suffocante et comme si cela ne suffisait pas, j’étais coincé entre un vieil homme, qui avait soit un gros problème de sudation soit un gros problème de salle de bain, et un petit jeune qui avait dû renverser un flacon entier d'aqua velva sur lui.


Ne tenant plus de ce choc olfactif, je réussis à me frayer un chemin vers la zone centrale devant les portes de sortie où je repérais une dizaine de centimètre carré disponible. Pendant que les stations défilaient lentement, je pensais à ma stratégie une fois sur place. Je devais absolument paraître le plus détaché possible afin de ne pas éveiller les soupçons. Je n’ignorais pas que l’agence n’avait aucun droit de me communiquer des informations personnelles sur les autres membres du Club. Il fallait vraiment jouer serré. 


Il ne restait que trois stations lorsque le wagon se vida un peu. Je pus enfin m’asseoir sur un strapontin lorsque j’aperçu, assise sur le strapontin d’en face, une jeune femme plongée dans un magazine. Blonde, les cheveux courts, l’air quelconque, elle portait une robe fine à bretelle noire sur lequel elle avait enfilé un gilet et qui lui couvrait les genoux. Je n’y aurais prêté aucune attention si elle n’avait pas croisé ses jambes au moment où je m’asseyais. J’aperçu l’espace d’une seconde le bas de sa cuisse gauche avant qu’elle ne réajuste sa robe. La vision de cette cuisse en forme d’enclume me projeta d’un seul coup six mois en arrière. 


C’était notre dernière journée. Nous avions passé la matinée sur la plage avec notre petit groupe. Nous clôturions ainsi une semaine idéale. Carole et moi avions fait l’amour le matin même. A vrai dire, je l’avais rejointe dans la salle de bain juste après qu’elle m’ait projeté à terre. Bien qu’une douleur aiguë me traversais le dos, son agression matinale avait exacerbé tous mes sens. 


En entendant couler l'eau, Je me précipitai vers la spacieuse douche italienne qui se trouvait derrière le lavabo à double vasque et séparée d’une épaisse paroi en verre. « La garce ! » ai-je à peine eu le temps de penser en la découvrant vide. Je m’étais précipité tout droit dans son piège. Carole, devinant mon intention, s’était juste postée derrière la porte de la salle de bain afin de surgir derrière moi.  En l’espace d’une seconde, elle me saisit violemment par les cheveux, tandis que son autre main attrapait mon bras droit pour le tordre derrière mon dos et me projeta brutalement contre la paroi en verre. J’eu à peine temps de mettre ma main en opposition. Malgré cela, mon corps heurta la paroi. 


« Tu veux quelque chose mon chéri » glissa-t-elle dans un souffle. 


Bien que le choc fût brutal, elle ne m’avait pas lâché et contrôlait totalement mon corps. J’essayai de libérer mon bras mais elle le remonta plus haut d’un coup sec, m’arrachant un cri de douleur. 


« Ne résiste pas ou je te casse le bras » continua-t-elle de me susurrer à l’oreille. 


Je pouvais sentir ses seins humides et voluptueux sur mon dos tandis qu’elle m’aspirait le lob de l’oreille dans sa bouche. Une fois encore, j’étais totalement à sa merci et sentais monter une excitation absolue chez elle comme chez moi. D’autant qu’elle s’était légèrement décalée vers la droite et frottait son pubis contre ma cuisse, dans un mouvement de va et vient qui s’apparentait à une pénétration. Au bout de quelques inoubliables instants, je pouvais sentir sur ma cuisse une humidité toute particulière que je distinguais parfaitement de la sueur que sécrétait l’atmosphère brulante de la douche.


« Maintenant à genoux ! » cria t’elle, et toujours avec une violence contenue, elle me tira vers le centre de douche, à une dizaine de centimètre du jet d’eau, et frappa durement avec son pied l’arrière de ma jambe, en plein dans l’articulation centrale. Je tombais à genoux, toujours tenu par les cheveux et par le bras.


 « Ne t’avise pas de te relever sans que je te le permette - continua t’elle -  D’ACCORD ? » elle avait hurlé cette question à mon oreille tout en tirant violemment mes cheveux en arrière. Je pouvais voir à l’envers son visage défiguré par l’excitation et la jouissance.


 « D’Accord ! » lui répondis je d’une voix tranquille, calme, et malgré la douleur, un léger sourire aux lèvres. 


Je n’ignorais pas le risque que je prenais. Cette attitude avait le don de la rendre folle de rage en même temps que totalement admirative. Elle choisit la seconde option. Elle me lâcha le bras et les cheveux et fit le tour de mon corps agenouillé pour se positionner en face et, se faisant, elle se mit sous le jet d’eau. Tous en me fixant d’un regard empli de dédain et de désir, elle commença une espèce de danse lascive en se trémoussant lentement, d’un pied sur l’autre, sous une eau brûlante qui illuminait son corps puissant et soyeux. A genoux devant elle, totalement hypnotisé par le spectacle qu’elle m’offrait, je la contemplais béatement tandis qu’elle se caressait délicatement les seins tout en se passant langoureusement la main dans ses cheveux. Elle plia ensuite, lentement, très lentement, une de ses puissantes jambes pour caresser sa cuisse massive et musclé dont la forme en enclume s’accentua sous le mouvement. Elle finit par remonter sa main vers le haut de sa jambe pour la perdre dans son triangle d’or et amorcer un doigté tout en delicatesse.


Je me fis violence pour ne pas réagir. Elle me rendait fou mais je ne devais pas céder. Je voyais clair dans son regard. Elle n’attendait que ça pour me repousser et m’humilier davantage. Mais quel effort a-t-il fallu que je déploie sur moi-même pour ne pas me précipiter sur elle. Lorsqu’elle comprit qu’elle n’arriverait pas à me faire bouger, elle se retourna doucement, posa ses deux mains sur le mur soutenant la douche, se cambra et fit couler l’eau de son dos vers son large fessier. Pareillement, elle se dandina lascivement d’une pointe de pied à l’autre. Je pouvais voir chaque muscle fessier onduler au gré de ce mouvement. 


Je n’arrivai plus à me contenir. Mon corps trembla de tout son être. Fort heureusement, Carole ne m’observait plus. Emportée par son propre désir, elle dirigea sa main vers moi sans même se retourner. Je compris et mis ma tête dans sa paume. Délicatement, elle la dirigea vers cette raie obscure et humide alors même que j’avais toujours les mains dans le dos. Et soudain ...




« Georges Clémenceau » - la voix automatique du métro annonça ma station de destination et m’extirpa brutalement de ce merveilleux souvenir. Je sortis précipitamment du wagon et atterris sur le quai, tremblant encore de tous mon être. Après quelques intants pour reprendre mes esprits, je me mis en chemin vers la sortie. 


A suivre.


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Thomas75


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MessagePosté le: Sam 27 Mai 2017 - 16:02    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

Un beau soleil m’attendait en ce début d’après-midi lorsque je sortis de la bouche du métro actant ainsi l’arrivée du printemps. L’agence se situait dans une rue adjacente à l’avenue des Champs-Elysées. Je prie mon temps pour m’y rendre, appréhendant un peu le moment fatidique. La remontée des souvenirs me mit encore plus de pression quant au résultat qu’il fallait obtenir. En un trajet, j’étais revenu à mon point de départ d’il y a six mois. Tous le travail que j’avais accompli sur moi-même s’était complétement volatilisé et Carole redevenait le centre absolu de mes pensées.


Je tournai enfin dans la rue de l’agence. Celle-ci était certainement l’une des plus moderne et des plus spacieuse du club. Dans un grand open-space immaculé, des petits bureaux étaient disposé aléatoirement et était entouré de cloison faite de long fil perlé, ce qui rendait l’ambiance très intimiste tout en préservant une belle luminosité. Je franchis la porte vitrée et m’installait sur un confortable fauteuil en cuir de l’espace attente qui jouxtait l’entrée. Au bout de trente seconde, une charmante hôtesse (comme seul le Club est capable de recruter) vint à ma rencontre. 


- Bonjour Monsieur, toutes nos coordonnatrices sont occupées pour l’instant, puis je me permettre de vous proposer un café pour vous faire patienter ! » me dit-elle d’une voix suave et chaleureuse.
- Avec grand plaisir – répondis je aimablement tout en simulant un détachement naturel. 


C’est ça qui extraordinaire avec le Club. Même en plein Paris, dans une agence commerciale, je pouvais ressentir cette ambiance si atypique qui vous fait vous sentir bien, détendu et relaxe. La pression s’atténua peu à peu et je ne doutais plus du bien fondé de ma démarche. Au pire, j’aurais perdu une après–midi. 


Au bout d’une dizaine de minute, je vis un couple quitter l’agence raccompagné par une jolie brune d’une quarantaine d’année, au visage de poupin.  Vêtue d’un tailleur clair qui cachait à peine un décolleté plongeant et d’une minijupe noire, elle ne portait pas de collant et était perchée sur d’immense talon aiguille qui rendait sa démarche gracile et élégante.


Une fois le couple sorti, elle se tourna vers moi avec un sourire enjôleur et m’invita à la suivre. Je m’exécutai trop heureux de contempler l’autre aspect de son physique que je pouvais voir de face. A ma grande satisfaction, cet angle de vue n’avait rien à envier du précédent. Autre motif de satisfaction, son bureau se situait au bout de la salle et semblait un peu plus isolé que les autres. Les choses s’annonçaient bien. Je m’assis sur une des deux chaises installées devant et lui sourit.


- En quoi puis je vous être utile ? demanda t’elle aimablement 
- En fait c’est un peu particulier, je ne sais pas si vous allez pouvoir m’aider – commençais je 
- Dite moi tout, je ferai de mon mieux – continua t’elle d’une voix encourageante
- Eh bien voilà. Il y a 6 mois, je me suis rendu au club de Colombus Island où j’ai passé un séjour inoubliable. Du reste, pour m’y rendre, j’ai bénéficié d’une remise exceptionnelle qui m’avait été envoyé un peu auparavant sous la forme d’un courrier.


Je sortis le document et lui présenta.


- Oui ? dit-elle en fronçant les sourcils ne voyant pas où je voulais en venir.
- Eh bien, sur place, j’ai retrouvé une … - j’hésitai un quart de seconde avant de poursuivre - … une bonne amie qui m’avoua être derrière ce geste commercial pour me faire une surprise. 
- Ah, je comprends mieux maintenant. Et en quoi puis je vous aider ? répéta t’elle
- Malheureusement, j’ai perdu les coordonnées de cette amie qui a déménagé entre temps et je me demandais s’il vous serait possible de me les communiquer ?


Elle fit une légère moue avant de me répondre. 


- Malheureusement, je ne peux vous communiquer des informations personnelles sur d’autres membres. 


Je ressenti immédiatement un pincement au cœur. Une fois encore Carole m’avait atteint. Devant ma mine dépitée, la jolie brune dont le badge indiquait le prénom de Sophie réagit très gentiment.


- Laissez-moi quand même jeter un œil sur votre dossier ! Nous trouverons peut-être quelque chose – dit-elle en pianotant sur son clavier.
- Merci – lui répondis je sans toutefois avoir trop d’espoir.


Au fur et mesure de ses recherches, sa moue fut plus prononcée. Elle finit par secouer la tête avant de me répondre.


- Non, je suis désolée mais il n’y a rien dans votre dossier qui puisse vous être utile … à moins que … J’ai bien une adresse qui a été saisi en commentaire libre tout en bas de votre dossier mais je n’ai aucun nom qui va avec. Je peux juste vous dire qu’il ne s’agit pas d’une de nos agences de traitement.


Elle me regarda d’un air interrogateur. J’opinai du chef même si je restais dubitatif quant à cette adresse qui devait certainement être celle d’un sous-traitant quelconque. Elle saisit un post-it sur lequel elle griffonna deux lignes et me le tendit.


- Merci beaucoup ! lui dis-je en saisissant le bout de papier que je parcouru superficiellement avant le l’enfourner dans ma poche. 


Elle me raccompagna à la porte de l’agence et me serrant la main me glissant un « bon courage pour vos recherches ». Du courage … c’était plutôt du désespoir.


J’avais du mal à cacher mon dépit. Je marchais piteusement en direction du métro. Ce qui était surprenant c’est que je savais parfaitement avoir 99 % de chance de rentrer bredouille mais malgré cela, j’étais incroyablement déçu. Le voyage de retour me parut interminable. Installé dans mon tortillard, je voyais défilé la banlieue est de Paris que je trouvais formidablement maussade. Soupir après soupir, je fixai le plan de la ligne bien que je le connaisse par cœur pensant que cela ferait avancer le train plus vite. 


En scrutant le plan, un nom de station attira mon attention. Il se situait un peu en amont de ma station d’arrivée.


LE RAINCY – VILLEMOMBLE


Pourquoi cela me disait quelque chose ? Soudain cela me revint. Je fouillai dans ma poche et ressorti le post-it que m’avait donné Sophie. Elle y avait griffonné ces mots :


14 impasse du vert galant – 93340 LE RAINCY 


Je connaissais bien cette ville pour m’y être souvent rendu en soirée. Celle qu’on surnomme «la bourgeoise de Seine Saint Denis » car c’est la seule ville du département à n’avoir aucun HLM dans son périmètre. Je réfléchis un instant, pesant le pour et le contre. Avais-je le temps d’y faire un saut pour vérifier et poursuivre un peu plus mon calvaire ? Etait-ce bien nécessaire ? Y avait-il une quelconque chance que cette adresse donne quelque chose ? j’en doutais fortement.


Je consultai ma montre : 18 h30. Je sorti mon portable et appela un copain avec qui je devais me rendre en soirée. Je lui proposai de prendre un apéro avant au bar central, un endroit bien connu du Raincy qui servait de point de ralliement avant de sortir sur Paris. Il accepta. Voilà qui me laissait un peu de temps pour aller jeter un œil à l’adresse et creuser, pensais-je, un peu plus mon désespoir.


Le train arriva en gare vingt minutes plus tard. Je descendis et m’enquis d’un panneau municipal ou figurait le plan de la ville. Une fois devant, je repérais facilement l’endroit. Il était un peu excentré mais pas trop éloigné du bar où je devais rejoindre mon ami. Je me mis en chemin. Marchant d’un bon pas, j’arrivai sur les lieux après une bonne trentaine de minute de marche. L’impasse en question était une ruelle que bordait deux immeubles d’habitation. A part ça, elle était composée de petits immeubles vieillots soit vides, soit abritant de petits commerces spécialisés type restaurant, traiteur. il y avait même un serrurier. 


En avançant lentement dans la ruelle, j’aperçu au loin le sigle d’une agence de voyage que je savais être partenaire du Club. « Je le savais. Cette fois c’est foutu » me dis-je en mon for intérieur. Je m’avançais en face de l’agence fermé comme pour me persuader réellement que cette fois tout était fini. Je restais planté devant quelques secondes, un peu au désespoir.


Après un long soupir, je me remis en marche mais une fois encore, quelque chose attira mon regard.
 
Un numéro. Inscrit sur une toute petite plaque fixée elle-même sur le mur adjacent de l’agence. Mais ce qui avait attiré mon regard, c’était la flèche qui avait été dessiné en dessous et qui pointait en direction d’un escalier qui s’engouffrait dans le sol à côté de l’agence. Le numéro inscrit était le 14.


Je revins en face de l’agence pour constater que sur le fronton était inscrit le numéro 16. Je m’approchai alors de l’escalier. A ma grande surprise, il s’enfonçait assez profondément dans le sous-sol et donnait accès à une porte menant en dessous du petit immeuble voisin qui portait le numéro 12. Après un bref instant d’hésitation, je décidais finalement de l’emprunter. Je me retrouvais alors devant une porte en fer close sans autre indication, ni sonnette. J’hésitai encore sur l’attitude à avoir. « Après tout, maintenant que je suis là, je ne pourrais me reprocher de ne pas aller jusqu’au bout » me dis-je intérieurement. Je poussai la poignée. La porte s’ouvrit. Je vis devant moi s’étaler un long couloir sombre. J’actionnais l’interrupteur sur la droite de l’entrée et vis s’allumer de longs néons fixes au plafond et qui renvoyait une lumière blafarde. Le couloir était étroit et s’étalait sur une vingtaine de mètre. Les murs haut était recouvert d’une espèce de crépis blanc qui n’était plus de première fraicheur. Sur la partie gauche du couloir, le mur ne montait pas jusqu’au plafond. Sur une bande d’un mètre et sur toute la longueur du couloir, des fenêtres à carreaux avait été percées et l’on devait certainement les actionner de l’intérieur de ce qui semblait être une grande salle. Je remarquais également que plusieurs carreaux étaient soit fissurés soit carrément absent.
Au bout du couloir, toujours sur la gauche, je distinguais une porte sur laquelle une affiche apparaissait. 


« Mais qu’est-ce que je fous là » me dis-je alors que je me dirigeais prudemment vers la porte. Tous seul, dans un sous-sol, au milieu d’un couloir, sans échappatoire possible. Une boule au ventre commença à se former.


Mais poussé par cet absolutisme qui me caractérisait tant, je poursuivais résolument mon chemin. Je savais qu’il n’y avait rien à y trouver. Mais je voulais suivre cette piste jusqu’au bout pour, enfin, solder tout espoir et reprendre une vie normale.


A quelques mètres de la porte, je me figeai. Un éclair m’envahit et j’eu le souffle coupé. Je distinguais maintenant parfaitement l’affiche et sans pouvoir lire les petites lignes, je voyais très clairement les mots écrits en gras en guise de titre. 




COURS DE JUDO/JU-JITSU




A suivre.


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chapeaumelon


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MessagePosté le: Lun 29 Mai 2017 - 00:04    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

Je te l'avoue Thomas : je bouille d'impatience
c'est vraimenr super ce que tu fais !!!


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sextantis


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MessagePosté le: Lun 29 Mai 2017 - 08:15    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

Moi aussi j'adore!

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Thomas75


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MessagePosté le: Ven 2 Juin 2017 - 21:52    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

Je restai planté là cinq bonnes minutes. Complétement hypnotisé par ces trois mots, je n’osais plus faire un pas de plus. Je sentais mon cœur battre la chamade tandis que je contenais difficilement mes tremblements. Je ne m’attendais pas du tout à ça.


Le calme intérieur revenu, je fis quelques pas vers l’affiche pour la lire entièrement. Je constatai qu’elle était récente puisqu’en sous-titre je pouvais lire « saison 2001-2002 ». Comme l’indiquai le titre en gras, des cours de judo/Jujitsu était dispensé dans ce qui semblait être un dojo, par deux professeurs Eric B. et Franck T. tous deux diplômés d’état et 3ème dan de judo.


Un calendrier indiquait les fréquences des cours, à savoir le lundi, mardi et vendredi de 20h à 22h mais ne faisait pas de distinction entre les cours de judo et de jiu-jitsu. Les deux disciplines devaient être dispensées durant la même session. Par ailleurs, j’avais beau cherché sur l’affiche, je ne voyais pas de cours pour enfant. Apparemment, cela ne s’adressait qu’aux adultes.


Je tournai la poignée de la petite porte mais celle-ci était fermé à clé. Après avoir noté les numéros de téléphone des deux professeurs, je quittai rapidement le couloir lugubre et remontai les escaliers pour respirer l’air frais de ce début de soirée. Sur le chemin qui menait au bar où je devais retrouver mon ami, j’en profitai pour mettre mes idées au clair.


Tout était confus dans ma tête. Pourquoi Carole, car je ne voyais qu’elle, avait-elle demandé à ce que cette adresse soit annotée dans mon dossier du Club Med ? Y avait-il un rapport avec Michelle ? et surtout, qu’allais je trouver dans ce cours ? Avait-elle laissé des indices pour que je puisse retrouver sa trace ? Toutes ces questions me poursuivirent durant la soirée et une bonne partie du week-end. Mais il y en a une que je ne me suis absolument pas posé tant la réponse s’imposait à moi. Devais-je les contacter pour assister à un cours ? Evidemment que oui.


Ce fut fait dès le lundi suivant. J’appelai vers 14 h un des professeurs, le dénommé Éric.
- Allo ! décrocha une voix sèche mais néanmoins chaleureuse.
- Oui bonjour, vous êtes bien Monsieur Éric B.
- C’est bien moi.
- Bonjour, je vous appelle car je souhaiterais prendre des cours de judo et je voulais si vous dispensiez toujours des cours au Raincy ?
- Tout à fait ! répondit-il 
- Et vous accepté des élèves en milieu de saison ?
- Absolument, quel est votre niveau ?


La question m’agaça au plus haut point car je l’avais souvent entendu. Nombre de professeurs ne font pas cas d’élève qui ne soit pas ceinture noire, question de prestige pour leurs cours.


- Débutant – répondis je – en fait j’ai débuté il y a 7 ans et j’ai pratiqué 3 ans régulièrement et puis le reste de façon vraiment sporadique. A mon meilleur niveau, je devais être ceinture orange mais je pense que ce n’est plus le cas.
- Je vois – dit-il d’une voix neutre - nous avons à peu près une vingtaine d’élève dont une majorité sont d’un niveau assez élevé. Vous progresserez assez vite je pense. Comment avez-vous connu notre cours ?


J’hésitais une seconde avant de répondre.


- Tout à fait par hasard sur les pages jaunes – mentis je effrontément
- Je ne savais même pas qu’on y était – me dit-il en riant – Est-ce que vous souhaitez faire un cours d’essai ?
- Oui, c’est ce que j’allais vous demander ! 
- Lundi, mardi et vendredi de 20 h à 22h, faites votre choix – me proposa t’il


Je n’en espérais pas tant. J’avais un tel feux qui brulait en moi que ma réponse fusa.


- Je pense que je vais pouvoir me libérer aujourd’hui. 
- Parfait ! Je vous attends ce soir donc. Si vous pouvez un peu avant le début du cours, je vous expliquerai la manière dont on s’organise et vous ferai visiter les lieux sachant que si vous souhaiter continuer, il faudra obligatoirement un certificat médical. C’est très important.


C’était bien la première fois qu’on insistait sur ce point. J’ai dû m’inscrire à de nombreux cours de judo et aucun responsable n’en avait fait un préalable obligatoire. Cela dénotait de la part de mon interlocuteur une certaine conscience professionnelle. Tous ceci se présentait plutôt bien.


- C’est bien noté. Je ferai de mon mieux. Merci beaucoup et à ce soir.


Je comptai les minutes qui suivirent. Je quittai mon travail vers 17 h pour être sûr de ne pas être en retard, le temps de passer chez moi et de prendre mes affaires. Résultat, je me retrouvai devant l’impasse à 19h ! Au moins, je pouvais prendre mon temps pour garer ma voiture correctement. J’étais surexcité sans pouvoir expliquer pourquoi. Une phrase de Carole me revint alors en mémoire : « n’as-tu pas l’impression de te sentir vivant comme jamais ! ». Je ne savais pas si je me sentais plus vivant qu’à l’accoutumé ou pas mais toute cette histoire avait rempli mon quotidien comme aucun autre événement ne sut ou ne put le faire. Il fallait bien le reconnaitre.


19h40 enfin. Je sortis de ma voiture que j’avais garé à une centaine de mètre de l’impasse. La nuit était tombée depuis peu mais l’air, pourtant sec, n’était pas frais. Je marchais lentement sur l’artère commerciale menant à l’impasse pour faire durer le plaisir et malgré l’excitation qui ne faisait que croitre en moi. Il y avait pas mal de monde, les uns rentrant du travail les autres finissant leurs shoppings. 


J’approchais de l’impasse lorsque je vis deux très jeunes femmes s’y engouffrer, un sac de sport en bandoulière, suivies d’un groupe de cinq hommes. Au moment où j’arrivai moi-même à hauteur de l’impasse, je croisai une femme d’une quarantaine d’année venant de l’autre sens qui s’y dirigeaitégalement. Nous tournâmes dans la ruelle ensemble en nous jetant un regard furtif. Les cheveux châtains mi longs encadrant un visage aux traits réguliers et reflétant une certaine énergie, elle avait une petite mais jolie silhouette bien mise en valeur par des talons hauts, un tailleur clair et minijupe assortie. De jolies jambes musclées et une démarche énergique faisaient crépiter ses talons sur le bitume du trottoir. Le cœur battant, j’espérais secrètement qu’elle fit parti du cours. Elle ralenti au niveau du numéro 12 et me jeta un regard avant de descendre l’escalier. Je ne pus m’empêcher de lui sourire. En guise de réponse, elle m’adressa un regard empli de méfiance et de dédain et descendis lestement l’escalier qui menait au couloir. 


« Waow - pensais je excité - si elle fait partie de toute cette histoire ça promet ! »


Je descendis les escaliers derrière elle.  Elle ne me tint pas la porte du couloir que j’ouvris derrière elle ni celle de la petite porte du fond où je la vis disparaitre. Lorsque je l’ouvris à mon tour je fus surpris de découvrir une immense salle rectangulaire. Elle devait être deux fois plus grand que celle de Freddy et le plafond en hauteur augmentait l’impression de volume. Deux pilonnes en bétons, entouré de protection en mousse était planté au milieu des tapis de judo émoussées et usées qui remplissaient la salle, partageant l’aire de combat en trois. Cela devait être pratique pour travailler par petit groupe. Malgré tout, je notais que l’endroit, bien que propre, était vieillissant. Les murs étaient défraichis et sans peinture. Il n’y avait aucune décoration hormis des poignées servant à ouvrir les grandes fenêtres juchées en hauteur.  Cette salle n’avait certainement pas été conçu pour servir de dojo à l’origine mais il faut reconnaitre que la transformation ne manquait pas d'ingéniosité.


En face de l’air de combat, il y avait trois portes donnant sur deux vestiaires et un bureau. Je pouvais entendre l’écho de nombreuses conversations. Cela m’intimida et je restai figé devant la porte d’entrée. 


« Pardon ! » s’exclama une voix féminine agacée juste derrière moi. Je sursautai. En me retournant, je vis une femme qui attendais visiblement de pouvoir franchir la porte. Je me poussais de l’entrée en marmonnant un « excusez-moi ». Avec le même dédain que l’inconnue précédente, elle ne fit pas cas de moi et entra dans un des vestiaires. Pour le coup, cette indifférence ne me gêna pas du tout. Une antipathie certaine se dégageait d’elle et elle n’était, comme le dit l’expression, pas du tout mon genre. Grande de taille, de longs cheveux noirs tirés vers l’arrière dégageant un grand front, de grands yeux noirs surmontés d’épais sourcils (pour une femme), un nez large et une bouche immense entourée de lèvres charnus. Son air agressif me faisait penser à un requin. Elle était vêtue d’un perfecto noir usé, d’un sweat-shirt à capuche en dessous, d’un jean moulant qui trahissait des cuisses certes massives mais plus voluptueuses que musclées et portait des DOC MARTENS noir en cuir qui rendait sa démarche encore plus masculine. Sa peau mate trahissait son origine nord-africaine, le Maroc peut être. 


Je commençais à me demander si quelqu’un allait finir par sortir du bureau lorsque je vis sortir des vestiaires les deux femmes qui je vis entrer auparavant. Elles avaient revêtu leurs kimonos, barrés pour toutes deux d’une ceinture noire et marchaient tongs au pied vers les tapis tout en papotant. Jolies, athlétiques, d’un gabarit plutôt moyen, elles devaient avoir une vingtaine d’années et dégageaient toutes deux une impression de puissance tranquille.  Elles s’arrêtèrent au bord du tapis, ôtèrent leurs tongs, saluèrent l’air de combat avant de le fouler, les pieds nus. Evidemment, aucune des deux ne daigna jeter un regard vers moi. 


Le sentiment d’être quasi transparent m’envahit peu à peu et le doute s’installa en moi. Je me demandais si finalement j’avais bien fait de venir lorsqu’un homme sorti du bureau. Son kimono avait l’air aussi usé que la ceinture noire qui le barrait. D’une cinquantaine assumée, petit, trapu, les cheveux roux, les yeux irrémédiablement rapprochés par un strabisme convergeant, il se dégageait de sa personne une formidable énergie. Il se dirigea vers moi avec un grand sourire lorsqu’il m’aperçut.


- Thomas, c’est ça ? il avait presqu’hurlé sa question tout en me tendant sa main.
- Oui c’est moi -  Répondis je tandis que sa poigne d’acier me broyait les doigts. 
- Bienvenue, Éric, c’est moi que tu as eu au téléphone tout à l’heure.
- J’ai reconnu votre voix.
- Bien, tu as pris tes affaires ? Parfait. A gauche, tu as le vestiaire des hommes et à droite celui des femmes. Ne te trompe pas sinon c’est à tes risques et périls. Il y a des douches à l’intérieur de chaque vestiaire. Change-toi vite car le cours va bientôt commencer. 


C’était simple et direct. Il me montra le bon vestiaire où j’entrais timidement. C’était une pièce carrée, propre mais vieillotte, un peu à l’instar de l’endroit. Des portes manteauxen acier datant des années 70 était fixés sur des murs jaunes aux crépis incertains et il y avait des vieux bancs accolés sur chaque longueur. Une vingtaine de personnes étaient en train de se changer. Après un léger hochement de tête en guise de bonjour, je posai mon sac sur le banc le plus proche et commençai à me changer.


Toute en m’habillant, j’observai mes compagnons du soir. Il y avait à peu près tous les âges et je vis en effet beaucoup de ceinture noire et de marron. Heureusement, des couleurs plus vive comme un bleu, deux verts, trois jaunes, et trois blancs venaient « éclaircir » le niveau. C’est toujours agréable de ne pas se sentir seul. Lorsque fut venu le moment de sortir la mienne, j’hésitai. Il y en avait deux dans mon sac, blanche et orange. « Faisons preuve de modestie » pensais je en prenant la blanche. Le kimono ajusté et les tongs aux pieds je profitais de la sortie d’un petit groupe pour leur emboiter le pas. Pour ce premier cours, la discrétion fut mon leitmotiv. 


Une fois déchaussé, je saluai et foulai pour la première fois le tatami. Il me parut encore plus grand une fois dessus. Des petits groupes s’étaient formés en attendant l’arrivée des professeurs et des derniers retardataires. Je me mis discrètement à l’écart et observai la gent féminine plutôt bien représentée. Je ne savais d’ailleurs où donner de la tête tant cette multitude d’amazones aux pieds nus et au kimono cintré me troublaient. Certaines me rappelaient Carole, d’autres Michelle, et d’autres encore avaient leur propre charme. Je notais également que le niveau féminin était bien plus élevé en ne relevant, sur la vingtaine de femme, que deux trois ceintures claires. Le reste se partageait entre marron et noire. 


Je repérai alors ma jolie quadragénaire que j’avais croisé à l’entrée. Se tenant droite comme la justice dans son kimono immaculé, les mains posés sur la boucle de sa large ceinture noire, elle écoutait paisiblement la discussion entre deux ceintures noires masculins. La scène me parut incroyable car bien qu’elle fît une bonne tête et demi de moins, il émanait d’elle une impression de puissance bien plus forte que de ses deux interlocuteurs. 


Mais cette impression était voulue et recherchée. Cette manière de porter le judogi, la veste ample et le pantalon court, révélant des mollets épais et musclés. Cette position adoptée, les jambes parallèles légèrement écartées, les pieds nus, droits, bien plantés dans le sol. Cette manière d’attaché la queue de cheval au sommet du crâne. Tous ceci était travaillé avec minutie. Elle ne pouvait tromper mon œil d’expert.
A suivre


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gurvy


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MessagePosté le: Sam 3 Juin 2017 - 13:10    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

 une nouvelle aventure ou y aurat il le retour de michelle ou carole suspens suspens Okay

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cagoule noire


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MessagePosté le: Dim 4 Juin 2017 - 19:41    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

Je crois que là tu as bien fait de t'inscrire, beaucoup de femmes! Okay

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Thomas75


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MessagePosté le: Ven 9 Juin 2017 - 23:10    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI Répondre en citant

Les professeurs sortirent enfin de leurs bureaux. Franck était un peu plus jeune qu’Éric, un peu plus grand et un peu plus massif. Par contre, il ne dégageait pas l’énergie positive et débonnaire de son coreligionnaire. Il avait l’air très sérieux et très concentré. 


« ON SE DEPECHE LES RETARDATAIRES » hurla Eric. Se faisant, il fit sursauter la moitié du dojo. Les quelques élèves restant sortirent en courant des vestiaires et l’ensemble du cours, une trentaine d’élèves au total, s’aligna en face des deux instructeurs par couleurs de ceinture. Je me mis en bout de ligne. Un silence respectueux s’installa. Les deux professeurs s’agenouillèrent, suivi par l’ensemble du cours. 


Après un salut protocolaire, Éric se leva et d’une démarche digne et empreint de gravité s’approcha du centre du cours. Il s’agenouilla lentement en face de l’ensemble des élèves, en posant un seul genou à terre. Il tenait à la main une ceinture noire.


« AISSA » appela-t-il sobrement mais clairement. Le prénom résonna dans le silence du dojo. Je vis alors une des élèves se lever et se diriger vers lui. Je reconnus tous de suite mon antipathique trentenaire au visage de requin. Je fus surpris de constater qu’elle portait plutôt bien le kimono et qu’elle ne manquait pas d’une certaine prestance. Sa grande taille se voyait encore plus les pieds nus. Des pieds massifs et larges dans le prolongement de gros mollets, à moitié couvert par le pantalon du judogi. La hauteur des jambes me fit penser à Michelle. Mais cette Aissa était plus grande et paraissait plus athlétique d’autant que sa tenue de combat parfaitement ajustée masquait la volupté de ses cuisses. Elle prit son temps pour parcourir les quelques mètres qui la séparait d’Éric et sa démarche fut tout aussi digne. Il fallait lui reconnaitre une certaine élégance dans ce port altier un tantinet dédaigneux qui la rendait encore plus antipathique. Elle s’agenouilla en face du professeur de la même manière, un seul genou à terre. En l’observant de dos, je voyais ses longs cheveux noirs de jais descendre jusqu’au bas du dos et la plante de son pied qu’elle faisait reposer sur ses orteils. Je ne pus m’empêcher, une fois encore, de penser à Michelle mais elle était bien loin de provoquer la même émotion chez moi. Comme quoi, ce n’était pas qu’une question de physique. 


Après quelques secondes d’observations, Éric marmonna des mots dont je ne saisis pas le sens. Elle se mit à défaire et à plier lentement sa ceinture marron qu’elle posa à côté d’elle. Le professeur se pencha alors pour la ceindre du grade supérieur matérialisé par la ceinture noire qu’il tenait dans ses mains et se remit lentement en face de son élève. Les deux se saluèrent selon le protocole et se levèrent pour faire face aux élèves. Tous se mirent à applaudir. Je me joignis au mouvement. La nouvelle promue esquissa enfin un sourire de circonstance avant de prendre place parmi les ceintures noires. 


Franck s’avança et prit la parole à son tour.


« Félicitations à Aissa qui nous a fait un très beau tournoi à Viry avec une demie finale de toute beauté, ainsi que des katas parfaitement exécutés, et derrière un gros travail de préparation. Je ne le dirais jamais assez. LA PREPARATION c’est vraiment la clé. Je le dis à David et à Caroline qui vont bientôt effectuer leur passage de grade. N’hésitez pas à nous solliciter. N’hésitez pas à solliciter la salle le week-end. C’est essentiel à ce niveau-là, les jurys sont de plus en plus sévères et laissent de moins en moins passées les erreurs ».


Ils se tourna vers Éric pour voir s’il souhaitait ajouter quelque chose. Il hocha la tête en ma direction. Franck se retourna vers moi et reprit son discours.


« Ah oui. J’avais oublié. Nous accueillons aujourd’hui un nouvel élève – dit-il avec un sourire – Thomas si tu veux bien venir me rejoindre ».


De par mon métier, je suis habitué à parler en réunion voire en public restreint, de sorte que je ne fus pas gêné outre mesure de cette mise en avant spontané. Je m’avançai tranquillement vers lui et à sa hauteur me tournai vers les élèves. Je lançai un bonjour à la cantonade qui me fut retourné avec quelques sourires. Cependant, je notais une certaine indifférence des grades élevés. Ma ceinture blanche en était certainement la cause. Quant à ma jolie brune, elle ne daignait même pas me regarder et discutait avec son voisin de droite. 


« Je compte sur vous pour bien vous occuper de lui – continua Franck, plus sympa que ce que j’avais imaginé – pas trop quand même car il n’a pas encore signé son chèque ». 


Je retournais à ma place sous quelques rires et petites moqueries. L’ambiance, bien que studieuse, était relativement détendue. 


Après un dernier salut protocolaire, l’échauffement commença. Du grand classique : courir autour de la surface de combat, ramper sans les mains, porter un élève sur le dos, simuler un spécial. Et quelques nouveautés : saute-mouton, passer sous les jambes d’un élève, chuter et faire chuter à la chaine. La grande surface du dojo et des diagonales rendait chaque exercice assez difficile. Pour autant, je trouvais que l'intensité était moindre comparé à ce que j’avais connu chez Freddy. 
Au bout d’une trentaine de minute, nous passâmes à l’échauffement fixe. L’ensemble du cours s’éparpilla sur les trois zones et la session recommença : pompes sur les genoux, sur deux pieds, sur un pieds, flexion, extension, abdominaux. Les exercices s’enchainaient sans temps morts. 


Concentré sur l’effort (comme me l’avait appris Michelle), je n’avais pas remarqué que certains élèves avaient cessé l’échauffement et se reposait tranquillement sur le côté. Lorsque nous terminâmes une énième série de pompes, Franck nous demanda de nous mettre deux par deux pour une dernière série d’abdominaux. En cherchant un partenaire, je me rendis compte que j’étais le seul ceinture blanche au milieu des ceintures marrons et noires. 


Plus tard, je compris que ce type d’échauffement progressif était étudié pour monter en puissance et permettait de ne pas différencier les grades au départ. Ainsi chacun pouvait bénéficier du même échauffement et l’adapter en fonction de ses limites. C’était plutôt ingénieux cet espèce de système par élimination. Motivant aussi.  En générale, au dernier exercice, il ne restait que les plus résistants. 


A mon grand dam, ma jolie brune s’était déjà trouvé un partenaire et les deux étudiantes n’avaient pas l’air de vouloir se quitter. J’allais finir seul lorsque je croisais le regard d’une jeune et timide rouquine d’une vingtaine d’année dont le visage constellé de tache de rousseur dégageait un charme juvénile. Elle me sourit et hocha la tête. Nous nous mîmes ensemble et attendîmes le début de l’exercice. Elle fronça les sourcils en voyant la couleur de ma ceinture, apparemment étonnée de me voir encore présent sur le tatami à ce stade l’échauffement. Au passage, je notais la couleur de la sienne : noire.


« On commence comme d’habitude » annonça Franck. 


- Tu veux commencer ? me demanda t’elle gentiment
- Ok – lui répondis je – qu’est ce qu’on fait ?
- Allonge-toi sur le dos et plie les genoux, les pieds bien à plat sur le sol 


Je m’exécutai. Elle s’assis alors devant moi, saisi mes chevilles et tira mes pieds vers elle en les positionnant presque sous ses fesses et colla ses talons derrière les miens. Elle remonta ensuite ses mains et tint fermement mes mollets de sorte que mes jambes furent parfaitement maintenues dans les siennes. 


L’exercice démarra par une session d’une cinquantaine d'abdominaux appelé « buste droit », puis « buste à droite », « buste à gauche » et enfin, alternativement droit, droite et gauche. Gaëlle, ma petite rouquine, m’épata. Elle avalait les séries avec une facilité déconcertante malgré un physique plutôt menu. Juste sur la fin, l’effort commença à marquer son visage en l’empourprant jusqu’aux oreilles. De même que je pouvais sentir sous mes fesses ses orteils se dresser à chaque effort qu’elle devait fournir. A la fin de la dernière série, une bonne partie des pratiquants et pratiquantes s’effondra sur le sol, n’en pouvant plus. 


C’est à ce moment que je me suis rendu compte à quel point j’avais considérablement amélioré ma condition physique depuis ce fameux jour, il y a 10 ans, où je poussais la porte du dojo de Freddy. Porté par ma « romance » avec Michelle, j’avais englouti l’entraînement militaire de Freddy sans même m’en rendre compte. Du reste, les multiples cours auxquels je participais par la suite et la natation que je n’avais jamais cessé de pratiquer contribuèrent à capitaliser ces efforts sur mon physique. 


La pause fut bienvenue. L’ensemble des élèves se précipita hors du dojo pour se désaltérer. En les suivant, je croisais Éric qui m’interpella. 


- Dis donc, c’est la grande forme ! 
- Ça va bien merci. C’est quand même assez intense – répondis je 
- C’est étudié pour. Mais je t’ai bien observé et je te le dis tous net, tu as la condition d’un sportif de très bon niveau. Ou est-ce que tu as pratiqué avant ?
- Dans le nord de Paris pendant quatre ans et quand le cours a fermé, un peu partout près de chez moi. 
- C’est quoi ton spécial ?


La question me mit un peu mal à l’aise car je n’en avais pas forcément développer un. 


- O SOTO GARI, mais je suis beaucoup plus à l’aise au sol– finis je par dire peu convaincu.
- Avant de commencer, je pense qu’on va évaluer ton niveau. Je pense pas du tout que tu ais la ceinture appropriée – me dit-il en désignant ma ceinture blanche – va te désaltérer, je vais te trouver un bon partenaire.


Sans demander mon reste, je parti au vestiaire et vidai la moitié de la bouteille d’eau que j’avais apporté. Tout le groupe s’était regroupé dans la zone centrale. Franck pris la parole.
« Aller deux par deux, vous prenez le Kumi kata et vous travaillez votre spécial ». A ces mots, les duos se firent quasi instantanément et s’éparpillèrent sur deux zones. Un quadra rondouillard à la ceinture bleue me salua se désignant ainsi comme mon partenaire. De mauvaise grâce, je lui rendis son salut et nous commençâmes l’exercice. Chacun appliquant sur l’autre une prise de projection qu’il maitrisait particulièrement (d’où le « Votre spéciale »). Au bout de quelques minutes, Franck annonça un changement de partenaire. Je saluai le mien et tournai la tête pour en trouver un autre lorsque je vis arriver vers moi ma jolie brune. Enfin …


C’est bien vers moi qu’elle se dirigeait. Elle était vraiment splendide. L’effort avait curieusement rendu ses traits plus évidents et dessinait un très joli visage. Mais ma joie fut de courte durée. 
« Thomas, tu dois rejoindre Éric, Il t’attend là-bas – me dit-elle avec la plus froide indifférence en désignant la première zone du tatami. Et sans même attendre de réponse de ma part, elle se tourna vers mon partenaire, le salua et avec une voix beaucoup plus chaleureuse lui dit – Alors Patrick ! voyons voir si tu as progressé depuis la dernière fois ». 


Je me dirigeai vers la 1ère zone, la tête basse. Je ne m’attendais pas à une telle froideur. Ça allait être plus compliqué que prévu. Perdu dans mes pensées, je n’avais pas remarqué qu’Éric n’était pas seul. Il m’avait trouvé un partenaire. Et quel partenaire !  C’était le dragon à tête de requin Aïssa "zut" ne pus je m’empêcher de pensée tandis que je m’efforçais de sourire à leur approche. Éric enchaina tous de suite. « Tu vas faire un peu de randori avec Aïssa que je vois où tu en es. Vous avez à peu près le même gabarit – il se retourna vers elle et continua – tu le pousses un peu, tu vois sa défense, sa prise de Kumi kata, tu le laisses attaquer aussi hein ? ». Elle acquiesça brièvement de la tête et me fit face. Lorsqu’Éric fut de dos, elle me foudroya du regard. 


Rarement je n’avais vu ce mélange d’exaspération et de mépris se marier aussi bien sur un visage. Elle devait me juger bien indigne d’elle qui faisait désormais partie de l’élite. Elle ne prit même pas la peine de s’en cacher. Mon instinct me dit que j’allais passer un sale quart d’heure. A peine Éric prononça « Hadjimé », qu’elle se précipita sur moi les deux mains en avant. 


Je reculais et tournais autour d’elle surpris par son agressivité. Mon cœur battait la chamade. Déjà que je n’étais pas un spécialiste du judo debout mais en plus j’avais en face de moi une adversaire forte agressive. Elle agrippa à plusieurs reprise le pan de ma veste d’une poigne de fer pour installer sa prise mais je réussis tant bien que mal à me dégager. Lorsque j’essayai à mon tour de lui saisir son pan de veste, elle en profita pour attraper mon col et ma manche droite. Tout alla très vite ensuite. Avec une parfaite synchronisation, elle effectua une rotation, toute en me tirant vers le bas et en soulevant sa jambe positionnée entre les miennes. Je fus d'abord soulevé dans les airs avant d’être projeté à terre par un violent UCHI MATA ; C’est à peine si elle retint ma manche pour amortir ma chute. 


Ce premier randori m’apporta beaucoup d’informations. D’abord, elle avait beaucoup de force ensuite pas mal de technique et enfin beaucoup de vélocité pour une femme de sa taille et de son poids. Elle bougeait comme une gazelle de quarante kilos alors qu’elle en faisait bien vingt de plus. Ce qui m’étonna le plus, c’était ses pieds. Grands, massifs, les orteils droits et bien proportionnés, non maquillés, mais parfaitement entretenus. Cela dénotait de l’allure négligée que j’avais aperçu. Ils devaient jouer un grand rôle dans son équilibre quasi parfait, quelle que soit la position d’attaque et de défense. 


Elle se remit en position le visage fermé tandis que je me relevai doucement. A peine ai-je eu le temps de reprendre mon souffle qu’elle fondait sur moi. Une fois encore, j’eux à peine le temps de mettre de la distance pour éviter qu’elle puisse positionner ses mains. Elle attrapa ma manche et fit mine de lancer une prise. J’esquissai un mouvement sur le côté pour la contrer lorsque son pied vint « balayer » ma jambe d’appui en extension. Je ne pus qu’amortir la chute avec ma main. Mais cette fois, elle me tint jusqu’au sol. 


« Ne saute pas lorsque tu lances un mouvement, Thomas, sinon voilà ce qui arrive » commenta Éric. 


J’opinai du chef en me levant et me remis en position. Curieusement, cette chute m’avait requinqué en enlevant cette pression bizarre que je ressentais sans aucune raison. Après tous, je n’avais rien à prouver à personne. D’autant que mon adversaire se montrait un peu moins agressive. 


Nous repartîmes au combat. Cette fois, je l’attendais de pied ferme. Nous nous attrapâmes le judogi en essayant de nous tirer l’un vers l’autre. La lutte était âpre. Nos mains et nos jambes s’entrecroisaient dans un ballet hargneux, chacun guettant une opportunité. J’arrivai à contenir ses attaques mais cela devenait de plus en plus difficile. La rapidité avec laquelle elle pouvait enchainer les mouvements était surprenante. Je finis par céder au bout d’un énième assaut ou après avoir feinté à droite, elle me tira sur la gauche en mettant sa jambe en opposition. Mon pied la heurta et je perdis l’équilibre. Toutefois, je réussi à me tourner durant ma chute pour atterrir sur le dos. 


« C’est pas mal ça » commenta sobrement Éric sans préciser de quoi il parlait. 


Nous repartîmes au combat. Encore une fois, les prises de garde étaient fermes et violentes. Pris au jeu, j’essayai de montrer plus d’agressivité. Je lançai des attaques tout en me préservant d’un éventuel contre. Mais dieu que cette fille tenait bien sur ses jambes. Et en plus elle réussissait à parer chacune de mes attaques qu’elle voyait venir de loin. Mon salut ne pouvait passer que par un contre. La fatigue commençait à se faire sentir. Cela faisait bien cinq minutes que nous « randorions » de manière très intense (ce qui est énorme pour le cardio) et aucun de nous deux ne voulait céder. Evidemment, je me retrouvais au sol une fois sur deux mais toujours sur le ventre, suite à un mouvement d’évitement.


Un moment d’inattention lui permis d’attraper mon col qu’elle serra d’une poigne de fer. Je sentais venir la rotation d’autant qu’elle me tirait de toute ces forces vers elle tout me baissant vers le sol. J’attendis l’attaque. Elle vint comme prévu par une rotation de son corps et le lancement de sa jambe droite en barrage. J’étais prêt. Au milieu de son mouvement, alors qu’elle se tenait sur sa jambe gauche mais n’avait pas encore lancer sa jambe droite, je me redressai et la tirai de toutes mes forces vers l’arrière en mettant ma jambe en opposition. Nous basculâmes tous les deux mais elle toucha le sol en premier. Dans un ultime reflex de défense, elle se tourna sur le côté. WAZARI quand même !


« Oui, c’est bien ça, très bonne défense Aïssa. On enchaine au sol »


Eric prononça ces mots au moment où nous chutions. Du coup, je n’en saisis pas immédiatement le sens contrairement à mon adversaire que j’avais lâché. Alors que nous étions tous deux au sol prêt à nous relever, elle se rua sur moi pour m’immobiliser en plaquant son buste sur le mien, la main droite passée derrière ma tête et attrapant mon col tandis que sa main gauche coinçait fermement mon bras droit sous son aisselle. Ses puissantes jambes en opposition, sa tête calée contre la mienne, elle serra la prise de toute ses forces. (HON-GESA-GATAME). J’avais l’impression d’être pris dans un étau. J’essayai péniblement de la basculer en arrière mais elle était bien trop massive pour se faire. J’arrivai à peine à la bouger. Au bout de dix secondes, je tapais dans son dos. Elle lâcha prise et se redressa sur ses genoux. 


Je pris mon temps pour me relever et lui faire face. Mon cou me faisait mal tant elle avait serré mais je ne fis aucun mouvement qui puisse trahir une quelconque douleur. Je ne voulais pas lui donner cette satisfaction. Je pense qu’elle-même accueilli cette mini pause avec soulagement car la fatigue commençait à se lire dans ses traits. Malgré cela, elle en avait encore sous le pied. 


Elle avança vers moi sur les genoux, me saisit la manche et avec cette rapidité toujours aussi déconcertante me tira vers elle en cherchant à me faire basculer sur le dos. J’eu le réflexe de me tourner sur le ventre. Je pensais aussitôt à rentrer ma tête dans les épaules pour ne pas lui donner de prise pour un étranglement. Trop tard ! Allongée sur mon dos, elle avait déjà initié le mouvement en glissant sa main droite dans le creux de mon cou et tenait fermement le pan gauche de ma veste. Au-delà de sa force peu commune, il fallait lui reconnaître une vraie technique.


Et mon calvaire continua de plus belle. Je décris ce que je suppose qu’elle fit puisqu’allongé sur le ventre je ne pouvais voir ce qu’elle manigançait, assise sur mon dos. 


Je sentis tous d’abord qu’elle ramena ses genoux à hauteur de mes épaules. Après trois secondes d’inertie, elle tira violemment sur mon pan de veste tout en basculant sur le côté gauche. Je m’attendais à ce mouvement qui m’aurait instantanément étranglé si je n’avais discrètement saisi la manche de son bras qui tenait le pan de ma veste. En tirant dans le sens inverse, j’évitai de me faire étrangler par mon propre kimono. C’est Michelle qui m’avait expliqué cette parade après me l’avoir bien fait subir trois ou quatre fois. Mais Aïssa était une adversaire bien plus redoutable que ma douce judoka. 


Lorsqu’elle bascula sur la gauche, elle me retourna sur le dos dans le même élan. Positionnée derrière mois, a moitié assise, les jambes pliées et les pieds bien à plat sur le sol, elle tirait toujours sur mon pan de veste alors que je tenais toujours fermement sa manche avec mes deux mains. Se faisant, je l’empêchais non seulement de m’étrangler mais également de pouvoir se servir de son bras ou de se mouvoir. Mais au moment au Éric allait « casser la prise », je fis l’erreur de repositionner mes mains sur mon col et lui lâchai la sienne. La réaction fut immédiate. Elle lâcha mon col et attrapa mon bras droit avec ses deux mains tout en se repositionnant légèrement sur la gauche. Je compris mon erreur trop tard. En même temps qu’elle s’allongea en tirant sur mon bras de toute ses forces, elle passa sa jambe au-dessus de ma tête, la fit retomber sur mon torse qu’elle plaqua au sol et croisa ses pieds. J’eus juste le temps de d’attraper mon bras droit avec mon bras gauche pour qu’elle ne puisse pas le tendre et me soumettre par un JUGI GATAME parfaitement amené. Voyant que je ne cédais pas, elle se redressa tout en gardant la position et les pieds croisés et réajusta ses bras dans les miens pour avoir un meilleur appui. Elle se mit ensuite à tirer de toute ses forces, basculant son corps d’avant et arrière et de droite à gauche. Je concentrais mes forces sur mes bras mais la position était très difficile à tenir, d’autant qu’à force de gesticuler elle amena son puissant mollet gauche sur ma joue et appuyait dessus pour presser ma tête contre le tatami. C’est une technique couramment employé à haut niveau pour faire céder la prise des mains. Malgré cela je résistais. Et cette guerrière tirait et tirait encore. La tête tournée sur le côté, je n’avais que pour seul champs de vision ses grands et larges pieds croisés l’un sur l’autre et qui lui permettait de garder l’équilibre de sa prise et de me maintenir fermement au sol. 


« Maté – finis je par entendre – Vous remettez votre Kumi Kata et vous vous saluez »


Elle lâcha prise instantanément, bascula ses jambes sur le côté et d’une roulade se mit à genoux en posant doucement les mains dessus. Son kimono était à peine défait et elle était à peine décoiffé. Mais je sentais que la séance n’avait pas été aussi simple pour elle. Elle avait du mal à contenir une respiration saccadée qui trahissait une énorme dépense d’énergie. 


Moi, par contre, mon état se devinait facilement. Complétement débraillé, les cheveux en bataille, la joue gauche rouge pivoine, les bras en feux, je mis quelques instants pour me rapprêter. J’étais assez fier de mon combat bien qu’à chaque fois je fus mis systématiquement en difficulté. 
L’antipathie que me m’avait généré cette fille m’avait servi de motivateur inconscient pour ne rien lâcher. Voire même développer chez moi un esprit de compétition qui ne s’y trouvait pas forcément. Je me mis à genoux en face d’elle. Je perçus toujours autant de froideur mais quelque chose avait disparu de son regard. Peut-être le mépris. Nous nous saluâmes lentement. Elle se leva ensuite rapidement et alla rejoindre la zone d’entrainement alors que Franck annonçait un changement d’exercice. 


Je me levais à mon tour mais une fois debout, je fus pris d’un léger étourdissement. J’avais laissé énormément de force dans ce combat et mon corps me le rappelait. 


- Hop là, reste avec nous – me dis Eric en m’attrapant le bras 
- Ce n’est rien – le rassurais je – juste une petite fatigue.
- Une petite fatigue hein ! Repose toi cinq minutes avant de tomber complètement dans les pommes le temps que j’aille chercher une ceinture qui corresponde mieux à ton niveau.


Je m’exécutais de bonne grâce. Il revint deux minutes plus tard avec dans sa main une ceinture … bleue.
- Vous êtes sûr de vous ? questionnais-je quelque peu étonné
- Tout à fait sûr. J’ignore qui t’a entraîné comme ça mais je peux t’assurer que tu es tous sauf un débutant.
- Mais je n’ai jamais fait de compétition. Je n’ai même jamais dépassé la ceinture orange. 
- Si cela avait été cas, Aïssa t’aurait systématiquement étalé comme une crêpe et je n’ose même pas imaginer ce que tu aurais subis au sol.
- De là à me mettre une ceinture bleue – dis-je dubitatif
- Tu ne comprends pas – insista t’il – AÏssa n’est pas simplement une ceinture marron qui vient de passer ceinture noire. C’est une combattante qui sort tout juste de compétition et qui est surentrainée. Il n’y en a pas beaucoup dans ce cours qui aurait pu lui tenir tête aujourd’hui. Effectivement, tu manques de techniques avancées et de quelques réflexes mais les bases sont bien là et la condition physique aussi.


Sur ces derniers mots, il me tapa amicalement l’épaule et m’entraîna vers la zone de combat ou les élèves continuaient leurs mouvements. « Maté – Hurla t’il – Pause de 2 minutes pour vous désaltérer et on reprend ». A ces mots, les judokas se saluèrent et se précipitèrent vers les lavabos des vestiaires. La jolie brune suivait le mouvement mais en voyant ma ceinture bleue, elle s’arrêta à ma hauteur. 


- Eh bien, tu progresses vite toi ? me dit-elle avec un grand sourire
- En fait, je ne suis pas sûr d’avoir un tel niveau – lui dis jemodestement
- Je ne dirais pas ça. Je t’ai observé quelques instants pendant que tu combattais, ce n’est pas si immérité que ça. Aïssa n’est pas un adversaire commode et elle déteste perdre contre des garçons.
- Oui, je crois qu’elle me la fait bien comprendre - dis-je en la cherchant du regard. 


Elle était en conversation avec un autre judoka à l’autre bout de la salle. De loin, on ne distinguait pas ses traits. Juste sa grande taille, ses longs cheveux noirs qui lui descendait au milieu des épaules et son pantalon un peu trop court qui découvrait à moitié ses puissants mollets et que de grands et larges pieds venaient parfaitement complété. En faisant abstraction de son air antipathique et de ses traits marqués, elle ne manquait pas d’une certaine allure. 


- Il faudra que l’on combatte ensemble, ce serait intéressant – repris alors la jolie brune 


Je fis un effort sur moi-même pour ne pas montrer mon excitation


- Avec grand plaisir. Mais peut-être pas aujourd’hui car j’ai peur d’avoir laissé toutes mes forces dans mon combat – dis-je en plaisantant
- Bien sûr. Nous avons le temps. Et des forces, tu risques d’en avoir besoin pour tenir ne serait-ce qu’une minute contre moi – dit-elle d’une voix étrange. 


Et sur ces derniers mots, elle tourna ses pieds maquillés de rouges et se dirigea vers les vestiaires d’un pas volontairement tranquille. Je la regardais s’éloigner, complètement hypnotisé par son allure, son charme, sa manière provoquante de se mouvoir dans ce kimono barré de noir qui laissait suggérer une silhouette parfaite. Je ressentais à l’instant ce je ne sais quoi que je n’avais pas ressenti depuis Michelle et Carole.


Les choses sérieuses allaient pouvoir commencer. Mais j’étais très loin d’imaginer jusqu’où elles me méneraient.


A suivre.
 


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:44    Sujet du message: RETOUR SUR LE TATAMI

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